Les organoïdes sont une nouvelle biotechnologie particulièrement intéressante. L’idée est d’innover sur les méthodes traditionnelles de la culture tissulaire en agissant en 3D — pas seulement par le positionnement des cellules en 3D, mais dans un sens plus robuste de la construction de petits objets modèles, organoïdes, qui reproduiront en quelque sorte l’histologie et la fonction des organes propres. Un organoïde intestinal, par exemple, aurait les bonnes cellules, dans un agencement correct, pour pouvoir reproduire au moins quelques caractéristiques pertinentes de l’intestin lui-même, permettant une sorte de compromis entre les expériences in vivo et in vitro.
Ces technologies posent de nombreuses questions éthiques — concernant, par exemple, leurs utilisations potentielles thérapeutiques ou médicales, la possibilité de modéliser des organes comme le cerveau ou le développement embryonnaire, ou l’implantation des organoïdes humains dans les animaux (ou vice versa). Notre groupe fera partie d’un consortium européen de trois ans qui répondra à ces questions, particulièrement en contribuant à l’analyse conceptuelle de l’idée même d’un organoïde. Comment cette notion est-elle comprise, par le grand public et par la communauté scientifique ? Étant donné que le consortium veut inclure le public dans le processus, la recherche commence par une compréhension claire de ce à quoi ces parties intéressées contribueront et c’est d’une importance capitale. Plus d’informations sur le projet ici (en anglais) !
Les domaines de la philosophie et de l’histoire des sciences, qui étudient la nature, le caractère et la production de la connaissance scientifique, sont souvent confrontés à une difficulté non négligeable. Au cours des derniers siècles, les sciences ont produit une immense quantité de littérature dans les revues scientifiques, rendant une étude exhaustive de ce contenu exceptionnellement difficile.
Nous abordons normalement ce problème par une étude approfondie, en nous orientant soit vers des questions conceptuelles, soit vers des acteurs historiques, et en en reconstruisant les détails. Il s’agit d’un travail nécessaire, mais ces approches ne constituent pas les seuls outils à notre disposition. Le développement des humanités numériques nous permet maintenant de répondre à des questions traditionnelles de recherche en accédant à des millions de pages de texte. Cette « lecture à distance » complète notre lecture pointue traditionnelle, augmentant l’ampleur et la puissance statistique de nos recherches.
Au cours des dernières années, on a développé un outil qui permet l’analyse de grands ensembles d’articles, et a ainsi obtenu un considérable corpus d’articles touchant à toute l’histoire de la biologie évolutionniste. Cette subvention nous a permet de passer à l’étape suivante. Elle a donné une impulsion au projet, en permettant la formation d’une équipe qui, sur la base du travail déjà fait, révolutionnera la philosophie et l’histoire de la biologie. La subvention a aidé à construire l’équipe et a financé ses efforts en vue de la publication et la présentation de ses résultats de recherche. Elle a augmenté la visibilité et l’impact de ces recherches en subventionnant la venue de plusieurs chercheurs extérieurs et une conférence internationale. Plus d’informations sur le projet ici (en anglais) !
Ce projet a été discuté dans un article du mazazine fnrs.news.