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Projets de recherche

Projets financés

DHPB: Histoire et philosophie numériques de la biologie (FNRS MIS)

Les domaines de la philosophie et de l’histoire des sciences, qui étudient la nature, le caractère et la production de la connaissance scientifique, sont souvent confrontés à une difficulté non négligeable. Au cours des derniers siècles, les sciences ont produit une immense quantité de littérature dans les revues scientifiques, rendant une étude exhaustive de ce contenu exceptionnellement difficile.

Nous abordons normalement ce problème en approfondissant notre étude, en nous orientant soit vers des questions conceptuelles, soit vers des acteurs historiques, et en reconstruisant leurs détails. Il s’agit d’un travail nécessaire, mais ces approches ne constituent pas les seuls outils à notre disposition. Le développement des humanités numériques nous permet maintenant de répondre à des questions traditionnelles de recherche en accédant à des millions de pages de texte. Cette « lecture à distance » complémente notre lecture pointue traditionnelle, augmentant l’ampleur et la puissance statistique de nos recherches.

Au cours des dernières années, le promoteur a développé un outil qui permet l’analyse de grands ensembles d’articles, et a ainsi obtenu un considérable corpus d’articles touchant à toute l’histoire de la biologie évolutionniste. Cette subvention lui permettrait de passer à l’étape suivante. Elle donnerait une impulsion au projet en permettant la formation d’une équipe qui, sur la base du travail déjà fait, révolutionnera la philosophie et l’histoire de la biologie. La subvention construirait l’équipe et financerait ses efforts en vue de la publication et présentation de ses résultats de recherche. Elle augmenterait la visibilité et l’impact de ces recherches en subventionnant la venue de plusieurs chercheurs extérieurs et une conférence internationale. Au terme du mandat, cette équipe aura la capacité d’attirer davantage de doctorants et de chercheurs postdoctoraux. Elle sera en mesure d’obtenir de grandes subventions nationales et internationales. Plus d’informations sur le projet dans un post ici sur le blog du laboratoire (en anglais) !

Le développement du hasard et des statistiques dans l’évolution (US NSF HPS Scholars’ Award)

L’évolution par sélection naturelle, dans la propre formulation de Darwin, était une théorie non mathématique et non statistique de l’histoire de la vie sur terre. L’un des développements les plus remarquables de cette théorie depuis la publication de l’Origine a été l’explosion de la méthodologie statistique et des rôles multiples du concept de hasard à travers la biologie évolutionnaire, un changement qui s’est produit rapidement dans les premières décennies de la théorie de Darwin. Les biologistes impliqués dans ce projet - l’« école biométrique » de Francis Galton, Karl Pearson et W.F.R. Weldon, et les « architectes » de la synthèse moderne, en particulier R.A. Fisher, Sewall Wright et J.B.S. Haldane - sont bien connus. Mais les points de vue précis de ces figures, leurs justifications philosophiques pour introduire les concepts de hasard et de méthodologie statistique, quand et comment elles l’ont fait, et la façon dont ces idées ont été transmises durant cette période charnière de l’histoire de la biologie sont tous mal compris.

Ce projet comprendra donc la rédaction d’une monographie qui propose un récit synthétique complet décrivant l’introduction des méthodes statistiques, et les vues du hasard qui ont soutenu leur utilisation, dans la théorie évolutionnaire, entre 1859 et 1930 environ, et les manières dont ces vues ont été transmises au cœur de la synthèse moderne. Plus d’informations sur le projet dans un post ici sur le blog du laboratoire (en anglais) !

Domaines de recherche

Fondations de la sélection naturelle

Le projet principal de notre labo se rapporte à de ce que nous appelons les « fondations conceptuelles » de la théorie de l’évolution. Comment devrions-nous – en général, plutôt que dans des populations naturelles spécifiques – penser sur la structure causale de l’évolution par sélection naturelle ? Quel rôle jouent des concepts tels que la valeur sélective, la dérive génétique, et la mutation ? Particulièrement, la théorie évolutionniste offre beaucoup d’invocations de la probabilité et le hasard. Mais comment devrions-nous comprendre cela ? Combien existe-t-il de sources de hasard, et comment devraient-elles être interprétées ?

Afin d’explorer cette question, notre groupe a proposé de nouvelles analyses du concept de valeur sélective, et nous travaillons maintenant à comprendre l’impact « chanceux » de la dérive génétique et de la contingence historique dans la macroévolution. Dans le futur nous espérons faire la synthèse de ces éléments en vue de construire un vision élargie de la structure causale fondamentale de la théorie évolutionniste.

Histoire de la biologie

Il est important de comprendre l’histoire du rôle joué par le hasard dans la théorie évolutionniste pour bien saisir le rôle que le hasard joue actuellement. Notre groupe se concentre donc fortement sur l’histoire, envisageant la façon dont Darwin a compris le hasard, et comment, plus récemment, les biologistes qui ont originalement introduit le raisonnement statistique dans la théorie évolutionniste – particulièrement Francis Galton, Karl Pearson, et W. F. R. Weldon – ont conceptualisé leur recherche. Il est très enrichissant de comprendre pourquoi ces biologistes ont cru important d’intégrer le hasard et la statistique à leur travail.

La recherche dans notre labo se concentre sur la collaboration entre W. F. R. Weldon et Karl Pearson, en particulier leur interprétation de la sélection naturelle et de l’hérédité. Nous travaillons à la fois des sources accessibles au public et avec des sources d’archives, et nous accueillons des étudiant·e·s et collaborat·eur·rice·s qui travaillent principalement en histoire des sciences.

Humanités numériques

Une tâche importante pour les philosophes de la biologie est d’être capable de « prendre le pouls » de la littérature biologique. En ce qui concerne nos questions de recherche, par exemple, il est important pour nous de comprendre ce que les biologistes disent de la contingence historique, ou encore de la valeur sélective.

Il est extrêmement difficile de répondre à de telles questions, et ceci est en grande partie dû à l’ampleur de la littérature biologique. Des milliers d’articles sont publiés chaque jour – nous ne pouvons bien évidemment pas répondre à ces questions générales, de grande envergure, sur les revues biologiques sans l’aide de l’analyse numérique.

Dans ce but, notre groupe a créé un système d’analyse textuel pour articles des revues scientifiques – l’appli RLetters – et une installation particulière de ce système avec un grand corpus d’articles dans la théorie évolutionniste – evoText. Avec ces outils, nous pouvons réaliser des analyses sophistiquées de la littérature dans la biologie évolutionniste sans grande expertise en humanités numériques. Ces outils sont en cours de développement, et nous sommes enthousiastes de travailler avec tous ceux qui sont intéressés par les humanités numériques pour améliorer les capacités de nos outils.

L’éthique de la guerre et la recherche à « double usage »

Notre groupe étudie aussi la structure contemporaine de la communauté scientifique, particulièrement la combinaison de la technologie contemporaine, la science « démocratisée » et la science « garage-scale » ou la culture « maker », et les technologies d’armes émergentes (comme les véhicules aériens sans humains à bord et la cyberguerre). Prof. Pence est un membre du projet de recherche Emerging Technologies of National Security and Intelligence du Centre John J. Reilly, un groupe mondial collaboratif des chercheur·se·s focalisé·e·s sur ces problèmes.